Ça y’est, vous avez fi­ce­lé votre pro­jet, mais il vous reste à trou­ver des fi­nan­ce­ments, convaincre votre ban­quier, pas­ser en co­mi­té de sé­lec­tion ou en­core re­cru­ter des ta­lents : au­tant de pu­blics dif­fé­rents que de pitchs à pré­pa­rer. Voi­ci quelques conseils pour pit­cher votre pro­jet comme un pro.

Pour quel objectif ?

Votre ob­jec­tif n’est cer­tai­ne­ment pas de conclure une vente ou de si­gner une le­vée de fonds à la fin de votre pitch ; Les gens aux­quels vous pré­sen­tez votre pro­jet sont en gé­né­ral to­ta­le­ment in­com­pé­tents dans votre do­maine et n’ont pas les ou­tils de me­sures ob­jec­tifs et im­mé­diats pour va­li­der vos in­for­ma­tions. D’ailleurs, ceci n’a au­cune im­por­tance dans la me­sure où vous leur don­nez la pos­si­bi­li­té de contri­buer à votre pro­jet, de construire quelque chose de grand.

Le seul et unique ob­jec­tif d’un ptich est d’engager la conver­sa­tion : don­ner en­vie à vos in­ter­lo­cu­teurs d’en sa­voir plus, de vous re­voir et de par­ti­ci­per. Res­tez fo­ca­li­sé sur cet ob­jec­tif.

Préparation, préparation, préparation

Un bon pitch ne s’improvise pas, ja­mais, et ne se for­mule pas en une jour­née. Vous al­lez donc de­voir pré­pa­rer, tes­ter, re-faire, re-tes­ter, re-re-faire et re-pré­sen­ter votre pitch plu­sieurs fois avant de trou­ver la bonne ar­ti­cu­la­tion, les bons ar­gu­ments et être fluide. Pré­pa­rez des ver­sions de 30 se­condes, 2’, 5’ ou 10 mi­nutes que vous connai­trez par cœur pour être prêt en toute cir­cons­tance…. et re­mer­ciez Pavlov !

Comment ?

Vous pou­vez pti­cher par e‑mail, par Key­note, Po­wer­Point, etc… En fait, quelque soit l’outil que vous uti­li­sez, le fond et la struc­ture res­tent les mêmes. Les nou­veaux ou­tils sont de plus en plus per­for­mants et ef­fi­caces pour bâ­tir de belles pré­sen­ta­tions, mais n’oubliez ja­mais qu’ils doivent être au ser­vice de votre mes­sage et du rayon­ne­ment de vos idées, non l’inverse.

Quelques al­ter­na­tives à PowerPoint :

Quelques banques d’images :

Choisir, c’est renoncer !*

95% des pré­sen­ta­tions sont nulles et soporifiques :

  • (trop) longues,
  • (trop) moches,
  • (trop) vides de sens,
  • (trop) truf­fées de bul­lets points…

Faites preuve de clar­té et de conci­sion : cou­pez, cou­pez et cou­pez en­core tous les mots su­per­flus, les ex­pres­sions toutes faites et le jar­gon jar­gon­neux que vous êtes seul à com­prendre avec une poi­gnée d’experts. Un en­fant de 7 ans (ou votre grand-mère) doit com­prendre ce que vous pré­sen­tez. *Tailley­rand

Votre audience attend « LA » belle histoire,

celle qui la fera grim­per aux ri­deaux. Alors, faites lui plai­sir et don­nez lui du rêve en barre ! Es­sayez de connaitre au mieux vos in­ter­lo­cu­teurs avant la pré­sen­ta­tion : quelles sont leurs mo­ti­va­tions, leurs centres d’intérêts, leurs angoisses,.Pour construire une his­toire mé­mo­rable, celle qui ac­croche vrai­ment votre au­di­toire, celle-ci doit être :

Simple : La sim­pli­ci­té est la so­phis­ti­ca­tion su­prême – Léo­nard de Vin­ci. Votre pré­sen­ta­tion doit être au ser­vice de la dé­li­vrance de votre mes­sage. C’est la no­tion de De­si­gn. Pen­sez en terme d’images ; Quelles sont celles qui illus­trent le mieux votre pro­pos ? 1 idée = 1 image = 1 slide. Si vous êtes vrai­ment en panne d’idées, ins­pi­rez-vous de BD pour sai­sir le sens et l’impact des images. Quel mot vient sou­li­gner votre pro­pos ? Un seul mot par slide : re­le­vez le défi. Ok, si c’est trop dif­fi­cile, ar­rê­tez-vous à 6 mots. Pas plus, ja­mais. De toute ma­nière, les gens n’ont pas la ca­pa­ci­té de lire et d’écouter en même temps. Sou­la­gez les et faites en sorte qu’ils vous écoutent avec attention.

In­at­ten­due : N’hésitez pas à in­ter­ro­ger votre pu­blic di­rec­te­ment ou in­di­rec­te­ment, faites lui des sug­ges­tions. Qu’est-ce qu’il n’a pas vu ou com­pris que vous, vous avez vu et com­pris ? Ap­por­tez les ré­ponses et com­blez ses la­cunes : ef­fet de sur­prise ga­ran­ti ! Si quelqu’un dans votre au­di­toire se de­mande pour­quoi il n’a pas eu l’idée avant vous, c’est bon, très bon signe. Si vous por­tez ce pro­jet, c’est bien parce que vous avez vu et fait des connec­tions là où les autres n’en voyaient pas ! Alors mon­trez que vous sa­vez sur­prendre par une ap­proche et/ou une vi­sion différente.

Concrète : Uti­li­sez des mé­ta­phores, des ci­ta­tions, des exemples concrets, une dé­mons­tra­tion pro­duit, des illus­tra­tions avant/après. Bref, don­nez aux gens la pos­si­bi­li­té de tra­duire votre pro­pos en images pour le re­layer fa­ci­le­ment et ef­fi­ca­ce­ment. Votre pro­pos doit être com­pré­hen­sible, in­té­res­sant et per­sua­sif. Une idée concrète = une idée ac­tion­nable immédiatement.

Cré­dible : Les chiffres, les ré­sul­tats et les sta­tis­tiques ne sont pas suf­fi­sants. Re­pla­cez les dans leur contexte et don­nez leur une si­gni­fi­ca­tion claire et com­pré­hen­sible par tous. En ré­su­mé, don­nez du sens aux élé­ments. Vous avez tes­té votre pro­duit au­près de grands comptes et ils vous ont pas­sé une com­mande : ex­pli­quez pour­quoi, pour quel bé­né­fice. Vos clients ou vos pre­miers in­ves­tis­seurs sont des stars : met­tez-les en avant. Ils sont ce qu’on ap­pelle votre «so­cial proof».

Pleine d’émotion : la com­mu­ni­ca­tion est le trans­fert des émo­tions. Mon­trez-vous à l’écoute de votre au­di­toire, et ap­pre­nez à adap­ter votre rythme et votre dis­cours aux émo­tions que vous per­ce­vez. Si l’ennui guette, pas­sez vos slides plus ra­pi­de­ment. Si au contraire, c’est l’en­thou­siasme, sus­pen­dez le temps et lais­ser le po­si­tif se pro­pa­ger : c’est très contagieux !

Faites preuve de cha­risme, d’en­thou­siasme et de pas­sion pen­dant votre présentation.

Entrainez-vous.

Il y’a de très fortes chances pour que vos in­ter­lo­cu­teurs as­si­milent votre créa­ti­vi­té et vos qua­li­tés de pit­cheur à celle de votre pro­jet. Aus­si, en­traî­nez-vous, de­vant votre glace, une ca­mé­ra, des amis ou la fa­mille. Pre­nez un chro­no et veillez à ce que votre rythme soit fluide, votre dé­bit de pa­roles pas trop ra­pide, vos gestes na­tu­rels et ou­verts. Pen­sez à votre res­pi­ra­tion et pre­nez le temps de mar­quer des si­lences : aux mo­ments op­por­tuns, ceux-ci peuvent por­ter vos mes­sages bien plus loin que votre parole.

Soignez votre look.

Vous êtes ce que vous pré­sen­tez : image, sens, ges­tuelle, dy­na­misme, créa­ti­vi­té ; Et vous n’êtes pas Mark Zu­cker­berg, ni Steve Jobs. Alors, ou­bliez le jean-bas­ket-sweet à ca­puche : ça va pas le faire ! Ha­billez-vous de ma­nière sobre et élé­gante, ni trop, ni trop peu. Por­tez des vê­te­ments dans les­quels vous êtes réel­le­ment à l’aise. N’oubliez ja­mais que votre au­di­toire va im­mé­dia­te­ment vous ran­ger dans des cases. En 2 slides, vous êtes déjà ca­té­go­ri­sé, et en moins de 30 mi­nutes, le ju­ge­ment sur votre per­son­na­li­té est presque définitif.

Terminez votre pitch.

Si vous pit­chez, c’est que vous at­ten­dez quelque chose de votre pu­blic. Donc vous de­vez im­pé­ra­ti­ve­ment ter­mi­ner votre pitch par un ap­pel à ac­tion : vous po­ser des ques­tions, vous ren­con­trer, échan­ger, ré­cu­pé­rer un dos­sier ou votre carte de vi­site, etc… à vous de pré­ci­ser ce que vous attendez.

En­fin, sou­ve­nez-vous d’une chose :

«Il n’y a pas de honte à être com­pris du pre­mier coup !» – Phi­lippe Bouvard

Ci-après, 2 exemples qui de­vraient vous aider